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Performance durable : produire moins, utiliser mieux et créer de la valeur autrement

Mathieu by Mathieu
septembre 11, 2026
in Transitions
Illustration de la performance durable reliant numérique responsable, mutualisation, usage des ressources et réduction des impacts environnementaux.

La performance durable repose sur une nouvelle logique : produire moins, utiliser davantage, prolonger la durée de vie des actifs et mieux organiser les ressources grâce au numérique.

Nous n’avons jamais disposé d’autant de technologies pour optimiser nos activités.

Nos machines sont plus performantes. Nos bâtiments sont plus intelligents. Nos logiciels automatisent une part croissante des processus. L’intelligence artificielle promet maintenant d’améliorer encore notre capacité à produire, analyser, décider et optimiser.

Pourtant, les pressions exercées sur le climat, les ressources et le vivant restent considérables.

L’Agence internationale de l’énergie constate par exemple qu’en 2025 la demande mondiale de charbon, de pétrole et de gaz a encore progressé, même si cette croissance ralentit et que les énergies bas carbone prennent une part croissante dans la satisfaction de la nouvelle demande énergétique.

Le constat vaut également pour les matières. Le Circularity Gap Report 2025 estime que seulement 6,9 % des matières entrant dans l’économie mondiale proviennent de matières secondaires, contre 7,2 % précédemment. L’utilisation de matières recyclées progresse en volume, mais l’extraction de nouvelles ressources progresse encore plus rapidement.

Ces chiffres posent une question fondamentale : comment améliorer réellement notre performance tout en diminuant notre dépendance aux ressources physiques ?

Lors du GreenIT Day, une intervention de Fabrice Bonnifet, président du C3D et de GenAct, m’a particulièrement intéressé parce qu’elle déplace cette question du terrain purement technologique vers celui des modèles économiques.

Sa proposition peut se résumer simplement : produire moins de biens, les concevoir pour durer beaucoup plus longtemps, intensifier leur utilisation et créer davantage de valeur autour de l’usage.

Cette approche rejoint directement ce que j’appelle la performance durable : la capacité d’une organisation à améliorer durablement sa performance économique tout en intégrant ses impacts environnementaux, sociaux et les intérêts des différentes parties prenantes qui composent son écosystème.

Et le numérique peut jouer un rôle déterminant dans cette transformation.

L’efficacité technologique ne garantit pas une baisse des impacts

Nos technologies deviennent régulièrement plus efficaces.

Une machine consomme moins d’énergie pour produire une unité.

Un serveur exécute davantage d’opérations pour une quantité donnée d’électricité.

Un véhicule électrique transforme plus efficacement l’énergie en mouvement qu’un véhicule thermique.

Un bâtiment mieux piloté peut réduire fortement sa consommation.

Ces améliorations sont indispensables. Mais elles doivent être regardées en parallèle des volumes.

Une baisse de 20 % de l’impact unitaire ne produit aucun gain environnemental global si la quantité produite augmente simultanément de 30 %.

Cette différence entre efficacité relative et impact absolu est essentielle.

Elle explique une partie du paradoxe de nos transitions.

Nous améliorons continuellement l’efficacité de nos systèmes, mais nous augmentons simultanément :

  • la quantité de biens produits ;
  • le nombre d’équipements ;
  • les usages ;
  • les infrastructures ;
  • les flux de données ;
  • la quantité de ressources mobilisées.

Le Programme des Nations unies pour l’environnement estimait dans son Emissions Gap Report 2024 qu’une trajectoire compatible avec 1,5 °C nécessitait, en partant de 2024, une réduction moyenne des émissions mondiales d’environ 7,5 % par an jusqu’en 2035.

L’ordre de grandeur illustre le changement nécessaire : quelques gains d’efficacité ne suffisent plus.

La performance doit désormais intégrer les résultats en valeur absolue.

Notre économie reste massivement linéaire

Le fonctionnement dominant de notre économie reste relativement simple :

extraire → transformer → fabriquer → vendre → utiliser → jeter.

L’économie circulaire cherche depuis plusieurs décennies à refermer cette boucle.

Les progrès existent : recyclage, réemploi, réparation, éco-conception, incorporation de matières secondaires.

Pourtant, le bilan global reste modeste.

Selon le Circularity Gap Report 2025, seules 6,9 % des matières utilisées dans l’économie mondiale sont aujourd’hui issues de flux secondaires. Le rapport souligne surtout un phénomène important : l’augmentation de l’extraction de matières vierges est plus rapide que celle de la réutilisation des matières.

Autrement dit, nous recyclons davantage tout en continuant à extraire toujours plus.

Le recyclage reste donc indispensable, mais il intervient très tard dans le cycle de vie.

Avant de recycler un objet, nous pouvons d’abord chercher à :

  • ne pas le produire lorsqu’il n’est pas nécessaire ;
  • utiliser davantage les objets déjà produits ;
  • allonger leur durée de vie ;
  • les réparer ;
  • les réemployer ;
  • remanufacturer leurs composants ;
  • puis, lorsque les autres options sont épuisées, recycler leurs matières.

Cette hiérarchie change profondément la manière de penser l’économie circulaire.

Produire moins, utiliser davantage

Une quantité considérable des actifs que nous avons produits reste sous-utilisée.

Une voiture reste stationnée l’essentiel du temps.

Des machines industrielles peuvent être utilisées seulement quelques heures par semaine.

Des salles de réunion restent vides.

Des bâtiments tertiaires sont inutilisés le soir, la nuit et une partie des week-ends.

Des outils sont achetés pour quelques utilisations annuelles.

Une immense quantité d’énergie et de matières est donc immobilisée dans des actifs dont nous n’exploitons qu’une petite partie du potentiel.

L’une des idées développées par Fabrice Bonnifet consiste à faire de l’intensification de l’usage un indicateur central de performance.

Au lieu d’augmenter systématiquement le nombre de produits disponibles, nous cherchons à augmenter le service rendu par chaque unité de matière déjà mobilisée.

Cette logique peut s’appliquer pratiquement partout :

  • immobilier ;
  • automobile ;
  • équipements industriels ;
  • outillage ;
  • mobilier ;
  • textile ;
  • infrastructures ;
  • équipements numériques.

Elle conduit progressivement à changer la question économique.

Au lieu de demander :

« Combien de produits avons-nous vendu ? »

nous pouvons mesurer :

« Combien d’usages utiles avons-nous produits avec les ressources mobilisées ? »

L’économie de la fonctionnalité transforme la création de valeur

Cette évolution rejoint directement l’économie de la fonctionnalité et de la coopération.

L’ADEME la définit comme un modèle centré sur la valeur d’usage et les besoins réels des utilisateurs, plutôt que sur la seule vente en volume de biens matériels. L’objectif est de développer des solutions combinant produits et services tout en réduisant la consommation de ressources naturelles.

Le changement paraît simple.

Une entreprise ne vend plus nécessairement un équipement.

Elle peut vendre la fonction apportée par cet équipement.

Un fabricant d’ascenseurs peut vendre de la mobilité verticale.

Un fournisseur d’éclairage peut vendre un niveau d’éclairement disponible.

Un fabricant de machines peut vendre des heures de capacité productive.

Un fournisseur de pneumatiques peut vendre des kilomètres parcourus.

Un fabricant conserve alors potentiellement la propriété, ou au moins la responsabilité, de l’actif.

Et cette différence change les incitations économiques.

Lorsqu’une entreprise gagne de l’argent chaque fois qu’elle vend un nouveau produit, raccourcir le cycle de remplacement peut augmenter son chiffre d’affaires.

Lorsqu’elle gagne de l’argent pendant toute la durée d’utilisation du produit, la logique s’inverse.

La robustesse devient rentable.

La réparabilité devient rentable.

La maintenance préventive devient rentable.

Le remanufacturing devient rentable.

La durabilité devient une composante directe du modèle économique.

L’Ellen MacArthur Foundation souligne justement que les modèles circulaires demandent de concevoir les produits pour qu’ils soient utilisés davantage et plus longtemps, réparés, remis en état puis recyclés lorsque leur utilisation n’est plus possible.

Le produit devient une banque de matériaux

Cette logique permet d’aller encore plus loin.

Un produit durable n’est plus seulement un bien destiné à devenir un déchet.

Il devient un stock de composants et de matières.

Prenons une machine industrielle.

Elle contient :

  • une structure métallique ;
  • des moteurs ;
  • des cartes électroniques ;
  • des câbles ;
  • différents métaux ;
  • des éléments mécaniques ;
  • éventuellement des matériaux critiques.

Tous ces éléments n’ont pas la même durée de vie.

Une pièce d’usure peut durer trois ans.

Une structure métallique peut rester fonctionnelle plusieurs décennies.

Certains métaux peuvent être réutilisés sur plusieurs générations de produits.

Si le constructeur conserve un intérêt économique sur ces ressources, leur récupération prend une valeur stratégique.

C’est précisément ce que défend Fabrice Bonnifet lorsqu’il propose de considérer certains produits comme des « banques de matériaux » et d’aligner progressivement les règles économiques et comptables sur la réalité physique des matières. Dans ses prises de position récentes, il défend notamment l’allongement des durées d’amortissement des composants à longue durée de vie et une meilleure reconnaissance comptable de la valeur persistante de certaines ressources.

Cette idée paraît technique.

Elle pourrait pourtant profondément modifier les décisions industrielles.

La comptabilité influence la manière dont nous concevons les produits

Un actif peut techniquement durer trente ans tout en étant comptablement amorti beaucoup plus rapidement.

Une fois sa valeur comptable fortement diminuée, son remplacement devient relativement facile à justifier.

Fabrice Bonnifet identifie donc la comptabilité comme l’un des verrous de la transition vers des modèles réellement circulaires.

Il défend notamment une approche consistant à rapprocher la durée comptable des composants de leur durée physique réelle.

Cette réflexion conduit à l’amortissement par composants.

Une machine n’est plus traitée comme un bloc homogène.

Chaque composant peut être regardé selon :

  • sa durée d’utilisation ;
  • son potentiel de réparation ;
  • sa possibilité de réemploi ;
  • sa valeur résiduelle ;
  • sa valeur matérielle.

Une structure capable de durer cinquante ans ne devrait pas nécessairement être pensée comme une pièce d’usure destinée à être remplacée après quelques années.

Ce changement comptable modifie ensuite le business plan.

Et le business plan modifie la conception.

Le produit devient plus :

  • robuste ;
  • démontable ;
  • modulaire ;
  • réparable ;
  • évolutif ;
  • remanufacturable.

La comptabilité peut donc agir très en amont sur les flux physiques de l’économie.

C’est une illustration intéressante d’un principe plus général de la performance durable : nos indicateurs déterminent une grande partie de nos décisions.

Nous optimisons ce que nous mesurons.

Changer la mesure permet parfois de changer le système.

De la circularité à l’économie régénérative

Fabrice Bonnifet va encore plus loin en défendant le développement de modèles économiques à visée régénérative.

Il explique régulièrement que la transition des entreprises doit dépasser la seule diminution progressive de leurs externalités négatives.

Dans un entretien publié en 2025, il défend le passage d’une économie linéaire fondée sur l’extraction et le renouvellement des produits à une économie de la fonctionnalité et de la coopération reposant sur des produits robustes et une « pérennité programmée ».

GenAct, dont il est président, travaille précisément sur cette transformation et cherche à accompagner entreprises et collaborateurs vers des modèles d’affaires à visée régénérative.

L’approche régénérative ajoute une dimension supplémentaire à l’économie circulaire.

L’Ellen MacArthur Foundation résume d’ailleurs l’économie circulaire autour de trois principes :

éliminer les déchets et la pollution ;

faire circuler les produits et les matières ;

régénérer la nature.

L’organisation ne cherche donc plus uniquement à diminuer son empreinte.

Elle regarde également les écosystèmes dont elle dépend et la manière dont elle peut contribuer à leur restauration.

Cela peut concerner :

  • sols ;
  • eau ;
  • biodiversité ;
  • forêts ;
  • puits de carbone ;
  • écosystèmes territoriaux.

La performance durable devient alors une performance de l’entreprise et de l’écosystème dans lequel elle évolue.

Le numérique représente lui aussi un flux physique

Cette réflexion concerne directement le numérique.

Nous parlons encore facilement de « dématérialisation ».

Pourtant, chaque service numérique repose sur une infrastructure physique :

  • terminaux ;
  • serveurs ;
  • centres de données ;
  • réseaux télécoms ;
  • câbles ;
  • équipements électriques ;
  • métaux ;
  • énergie.

The Shift Project estime aujourd’hui que le numérique représente environ 3 à 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, avec une croissance de l’ordre de 6 % par an.

Son analyse met également en évidence deux dynamiques qui se renforcent mutuellement :

de nouvelles infrastructures permettent de nouveaux usages ;

les nouveaux usages justifient à leur tour le développement de nouvelles infrastructures.

L’IA générative constitue une nouvelle illustration de cette mécanique.

Améliorer l’efficacité énergétique des data centers, éco-concevoir les logiciels ou prolonger la durée de vie des terminaux est donc indispensable.

La sobriété numérique demande toutefois également de travailler sur les usages.

The Shift Project insiste depuis plusieurs années sur ce point : les bénéfices environnementaux du numérique doivent être examinés secteur par secteur, en intégrant les effets rebond et les volumes générés.

Le numérique peut aussi permettre de réduire les flux physiques

Le numérique possède cependant une caractéristique particulièrement intéressante.

Bien utilisé, il peut permettre de mieux organiser les ressources physiques existantes.

Pour intensifier l’usage d’un actif, il faut connaître :

  • son existence ;
  • sa localisation ;
  • sa disponibilité ;
  • son état ;
  • ses caractéristiques ;
  • les personnes autorisées à l’utiliser ;
  • ses besoins de maintenance.

Une plateforme numérique peut organiser ces informations.

Elle peut également connecter plusieurs organisations et permettre de mutualiser une ressource qui était auparavant invisible ou inaccessible.

Prenons une machine industrielle utilisée 15 % du temps.

Sans information partagée, cette capacité disponible n’existe pratiquement pas pour les entreprises voisines.

Avec un système permettant de gérer :

  • identité ;
  • droits d’accès ;
  • réservation ;
  • disponibilité ;
  • assurance ;
  • paiement ;
  • maintenance ;

la machine peut devenir une infrastructure partagée.

La valeur est alors créée avec le même actif physique.

C’est ici que le numérique responsable rejoint directement la performance durable.

Dataspaces, traçabilité et communs numériques

Cette logique fonctionne encore mieux lorsqu’elle dépasse le périmètre d’une seule entreprise.

Les chaînes de valeur deviennent alors des systèmes de données partagés.

Pour réemployer un composant industriel, il faut par exemple connaître :

  • sa composition ;
  • son origine ;
  • son historique ;
  • son état ;
  • sa localisation ;
  • sa compatibilité avec un nouvel usage.

Les futurs passeports numériques de produits s’inscrivent directement dans cette logique.

La traçabilité ne sert plus seulement à démontrer une conformité.

Elle contribue à préserver la valeur économique et matérielle des actifs.

Les dataspaces permettent ensuite de partager certaines informations entre acteurs tout en définissant des règles de gouvernance, d’accès et de confiance.

Les communs numériques peuvent fournir une partie des briques nécessaires à cette coopération :

  • référentiels ;
  • standards ;
  • ontologies ;
  • API ;
  • modèles de données ;
  • logiciels ;
  • infrastructures partagées.

Une économie moins dépendante de la multiplication des actifs physiques demande paradoxalement davantage de coopération informationnelle.

Le numérique peut précisément devenir l’infrastructure de cette coopération.

L’IA doit également être évaluée par sa finalité

L’arrivée de l’intelligence artificielle renforce encore cette question.

Nous pouvons consacrer énormément d’énergie à optimiser les modèles, les infrastructures et les algorithmes.

Ces efforts sont nécessaires.

Mais leur valeur environnementale dépendra beaucoup des usages que nous développons.

Une IA permettant d’augmenter légèrement le taux de clic publicitaire et une IA permettant de prolonger la durée de vie d’une infrastructure n’ont évidemment pas la même contribution à la performance durable.

Les applications potentiellement intéressantes sont nombreuses :

  • maintenance prédictive ;
  • détection d’anomalies ;
  • optimisation logistique ;
  • prévision de demande ;
  • réduction des stocks ;
  • rapprochement entre ressources disponibles et besoins ;
  • analyse documentaire ;
  • automatisation de processus de conformité ;
  • optimisation énergétique ;
  • détection d’opportunités de réemploi.

L’IA devient alors une technologie d’allocation des ressources.

La question importante devient : combien de matières, d’énergie, de déplacements ou d’équipements cette intelligence permet-elle réellement d’éviter ?

Un avantage compétitif possible pour la France et l’Europe

Cette transformation peut également être regardée sous l’angle de la souveraineté.

La France et l’Europe disposent de peu de ressources minérales critiques comparativement à certaines grandes puissances.

Elles accusent également un retard important sur plusieurs couches de l’économie numérique mondiale.

Fabrice Bonnifet défend ainsi une autre forme d’innovation : celle des modèles économiques, des organisations et des mécanismes comptables permettant de fonctionner dans une économie contrainte en ressources.

Cette piste mérite d’être prise au sérieux.

L’Europe dispose déjà de compétences importantes dans :

  • l’économie circulaire ;
  • l’économie de la fonctionnalité ;
  • l’éco-conception ;
  • les politiques environnementales ;
  • la normalisation ;
  • la traçabilité ;
  • les données industrielles ;
  • les dataspaces.

L’ADEME considère d’ailleurs l’économie de la fonctionnalité et de la coopération comme un moyen de concilier création de valeur, réduction de la consommation de ressources et pérennisation de l’activité des entreprises.

La future compétitivité européenne pourrait donc également se construire autour de la capacité à produire davantage de valeur économique avec moins de ressources physiques.

Vers une nouvelle définition de la performance

Pendant longtemps, la performance d’une entreprise a été principalement mesurée avec quelques indicateurs :

  • chiffre d’affaires ;
  • marge ;
  • rentabilité ;
  • productivité ;
  • croissance.

Ces indicateurs restent nécessaires.

Ils deviennent insuffisants pour piloter une organisation dans un monde confronté simultanément au changement climatique, à la raréfaction de certaines ressources, à l’érosion de la biodiversité et à des transformations sociales majeures.

La performance durable ajoute d’autres dimensions.

Combien de valeur créons-nous par tonne de matière mobilisée ?

Combien d’heures d’usage obtenons-nous avec chaque équipement ?

Quelle proportion de nos composants est réemployée ?

Quelle est la durée réelle de nos actifs ?

Quelle part de notre activité dépend de ressources critiques ?

Comment évolue la performance de nos fournisseurs, collaborateurs, clients et territoires ?

Quelle valeur créons-nous pour l’écosystème dans lequel nous opérons ?

Ces questions changent progressivement la manière de piloter une entreprise.

Elles permettent également de rapprocher transition écologique et performance économique.

Faire beaucoup mieux avec beaucoup moins

La transition écologique est souvent présentée comme une gigantesque substitution technologique.

Remplacer une technologie carbonée par une technologie bas carbone.

Remplacer une matière par une autre.

Remplacer une machine par une machine plus efficace.

Ces transformations sont indispensables.

Mais la disponibilité des ressources et l’ampleur des réductions d’impact nécessaires imposent probablement d’ajouter une seconde stratégie :

utiliser beaucoup mieux ce que nous avons déjà produit.

Cela implique de :

produire moins lorsque c’est possible ;

concevoir des produits capables de durer beaucoup plus longtemps ;

augmenter leur taux d’utilisation ;

réparer et remanufacturer ;

mutualiser les infrastructures ;

conserver la valeur des matériaux ;

organiser la coopération entre acteurs ;

restaurer les écosystèmes dont l’économie dépend.

Le numérique a une place particulière dans cette transformation.

Son propre développement doit être maîtrisé.

Mais il peut également apporter les systèmes de mesure, de traçabilité, de mise en relation et d’orchestration nécessaires à cette nouvelle économie.

C’est probablement là que se situe l’un des grands enjeux du numérique responsable pour les prochaines années :

mettre la puissance du numérique au service d’une économie capable de créer davantage de valeur avec moins de ressources.

Autrement dit, mettre le numérique responsable au service de la performance durable.

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