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Souveraineté numérique européenne : pourquoi l’open source devient une infrastructure stratégique

Mathieu by Mathieu
septembre 1, 2026
in Numérique
Illustration de la souveraineté numérique européenne fondée sur l’open source, les communs numériques et les infrastructures partagées.

L’Europe fait de l’open source, des communs numériques et des infrastructures partagées des leviers de souveraineté technologique.

Pendant longtemps, l’Europe a surtout construit sa puissance numérique par la réglementation. RGPD, Digital Markets Act, Digital Services Act, Data Act ou AI Act : l’Union européenne s’est imposée comme l’une des principales puissances normatives mondiales.

Mais réglementer les technologies ne signifie pas les maîtriser.

Cloud, intelligence artificielle, systèmes d’exploitation, semi-conducteurs, outils collaboratifs : l’économie européenne reste fortement dépendante de technologies et de fournisseurs extérieurs à l’Union. La Commission estime que plus de 80 % des principaux produits, services, infrastructures et droits de propriété intellectuelle numériques dont dépend l’Europe proviennent aujourd’hui d’acteurs non européens.

Le 3 juin 2026, la Commission européenne a donc présenté un ensemble de mesures qui marque un changement majeur de doctrine. La souveraineté numérique européenne n’est plus seulement envisagée comme une question de données personnelles ou de réglementation. Elle devient une véritable politique industrielle.

Semi-conducteurs, infrastructures de calcul, cloud, intelligence artificielle, logiciels open source, énergie : l’objectif consiste désormais à renforcer progressivement une pile technologique européenne capable de réduire les dépendances les plus critiques.

Dans cette stratégie, un élément prend une importance nouvelle : l’open source.

Mais pourquoi le logiciel libre devient-il un outil de souveraineté ? Et surtout, que nous dit cette nouvelle politique sur la manière dont l’Europe pourrait construire ses futures infrastructures numériques ?

1. Que signifie réellement la souveraineté numérique européenne ?

La Commission européenne définit la souveraineté technologique comme la capacité de l’Europe à agir de manière indépendante dans le monde numérique en développant et en contrôlant des technologies, des données et des infrastructures clés, tout en réduisant sa dépendance à l’égard de fournisseurs de pays tiers.

Cette définition est importante car elle dépasse largement la localisation des données.

Une infrastructure numérique peut parfaitement stocker ses données en France ou en Europe tout en restant dépendante d’un éditeur étranger pour son logiciel, ses mises à jour, ses API ou son infrastructure cloud.

La souveraineté doit donc être analysée sur plusieurs dimensions :

  • la localisation et la maîtrise des données ;
  • la propriété et la gouvernance des technologies ;
  • l’indépendance juridique ;
  • la maîtrise de la chaîne logicielle ;
  • l’interopérabilité ;
  • la portabilité ;
  • la capacité à changer de fournisseur ;
  • la capacité à maintenir une technologie sans son fournisseur initial.

Le véritable enjeu devient celui de la dépendance.

Une organisation est-elle capable de continuer à fonctionner si son fournisseur change brutalement ses tarifs ? Si une licence évolue ? Si une API disparaît ? Si une entreprise est rachetée ? Si une technologie devient soumise à des restrictions géopolitiques ?

La souveraineté ne signifie donc pas nécessairement tout fabriquer soi-même.

Elle signifie surtout conserver une capacité de choix.

C’est le principe d’« autonomie stratégique ouverte » défendu par l’Union : coopérer avec le reste du monde tout en conservant suffisamment de capacités technologiques pour éviter les dépendances critiques.

On pourrait ainsi résumer la souveraineté numérique européenne par cinq capacités :

comprendre, choisir, contrôler, remplacer et maintenir.

2. L’Europe veut désormais construire une véritable « technology stack »

La principale évolution de la stratégie européenne consiste à ne plus traiter chaque technologie indépendamment.

Car la souveraineté d’une application dépend en réalité de toute une chaîne technologique.

Un service numérique repose sur des semi-conducteurs, des infrastructures de calcul, des datacenters, du cloud, des systèmes d’exploitation, des bases de données, des modèles d’intelligence artificielle, des logiciels et des standards.

Une application européenne fonctionnant exclusivement sur des infrastructures et des technologies extracommunautaires ne constitue donc qu’une souveraineté très partielle.

La stratégie européenne cherche précisément à couvrir l’ensemble de cette chaîne.

Elle associe notamment :

  • le Chips Act et ses évolutions pour renforcer la résilience européenne autour des semi-conducteurs ;
  • EuroHPC, les AI Factories et les AI Gigafactories pour développer les capacités européennes de calcul ;
  • le Cloud and AI Development Act pour renforcer les infrastructures cloud et IA ;
  • le Data Act et les European Data Spaces pour favoriser la circulation maîtrisée des données ;
  • SIMPL pour fournir des composants logiciels communs aux espaces de données ;
  • l’EUDI Wallet et le futur European Business Wallet pour l’identité numérique ;
  • la nouvelle EU Open Source Strategy pour renforcer les briques logicielles ouvertes européennes.

La Commission présente ces différentes initiatives comme les éléments d’une chaîne technologique cohérente, allant des composants matériels jusqu’aux applications, aux logiciels, au cloud et à l’intelligence artificielle.

Cette approche est structurante.

L’Europe ne cherche plus seulement à financer une multitude de projets numériques indépendants. Elle commence à raisonner en architecture technologique commune.

3. Pourquoi l’open source devient un pilier de la souveraineté numérique européenne

Le changement est particulièrement visible dans la politique européenne consacrée au logiciel libre.

La précédente stratégie, « Think Open », concernait principalement les usages internes de la Commission européenne : utiliser davantage de logiciels libres, favoriser leur réutilisation et publier certains développements.

La stratégie de 2026 change complètement d’échelle.

L’open source est désormais présenté comme un instrument permettant de réduire la dépendance envers des technologies propriétaires non européennes dans des secteurs critiques.

Pourquoi ?

Parce que l’accès au code modifie profondément le rapport entre utilisateur et fournisseur.

Avec une technologie réellement ouverte, une organisation peut potentiellement :

  • inspecter son fonctionnement ;
  • auditer sa sécurité ;
  • adapter le logiciel ;
  • confier sa maintenance à un autre prestataire ;
  • l’héberger sur une autre infrastructure ;
  • assurer sa continuité ;
  • ou, en dernier recours, créer une nouvelle branche du projet.

L’open source constitue ainsi un puissant mécanisme de réversibilité.

La véritable question de souveraineté n’est donc pas seulement : « Où se trouve mon fournisseur ? »

Elle devient :

« Que se passe-t-il si je dois changer de fournisseur demain ? »

Mais il faut immédiatement apporter une nuance : open source ne signifie pas automatiquement souverain.

Un logiciel ouvert peut lui-même dépendre d’un hyperscaler américain, être maintenu principalement par une entreprise étrangère ou reposer sur une communauté extrêmement fragile.

La licence n’est donc qu’une partie du problème.

Une technologie réellement souveraine nécessite aussi des compétences, des infrastructures, une communauté, une gouvernance et des moyens financiers permettant de la maintenir dans le temps.

4. Le grand changement : les communs numériques deviennent des infrastructures

C’est probablement l’une des évolutions les plus intéressantes de la stratégie européenne.

Un logiciel disponible sur un dépôt de code public n’est pas nécessairement un commun numérique.

Un commun suppose au minimum trois éléments :

une ressource partagée, une communauté et des règles de gouvernance.

Pour rendre cette ressource durable, il faut également organiser sa maintenance, son financement, sa sécurité et son évolution.

La Commission commence précisément à structurer ce niveau de gouvernance.

Le Digital Commons European Digital Infrastructure Consortium, ou Digital Commons EDIC, fournit désormais un véhicule juridique permettant aux États européens de coopérer autour de communs numériques.

Ce type de structure peut disposer d’une personnalité juridique, contractualiser, recevoir des financements et organiser la gouvernance d’infrastructures partagées.

Le changement paraît administratif. Il est en réalité considérable.

Il devient possible de considérer certaines briques numériques non plus comme des projets informatiques temporaires mais comme de véritables infrastructures partagées entre plusieurs États, administrations ou écosystèmes.

Identité, authentification, échange de données, référentiels, traçabilité, conformité, calcul environnemental ou composants d’intelligence artificielle pourraient ainsi être mutualisés.

On voit apparaître un modèle économique différent :

commun numérique → intégrateurs → services → applications → marché.

L’infrastructure reste ouverte et mutualisée. La concurrence s’exerce au-dessus, sur les usages, l’intégration, le conseil et les services.

5. La maintenance devient un enjeu stratégique

Le logiciel open source souffre cependant d’un paradoxe bien connu.

Certaines briques utilisées par des millions d’entreprises ou d’administrations peuvent dépendre du travail de quelques développeurs disposant de moyens limités.

La Commission reconnaît désormais explicitement ce problème.

Des composants critiques peuvent reposer sur des contributions volontaires tout en étant devenus indispensables au fonctionnement d’entreprises, d’administrations ou d’infrastructures entières.

La nouvelle stratégie prévoit donc notamment la création d’un Open Source Maintenance Instrument destiné à soutenir la maintenance et la sécurité de composants essentiels.

Mais elle va plus loin.

L’Europe veut développer une capacité à forker certains projets critiques, c’est-à-dire à reprendre leur code pour poursuivre indépendamment leur développement si leur trajectoire originale devenait incompatible avec les intérêts européens.

Elle envisage également des systèmes européens de duplication et de conservation du code source et des packages critiques afin d’en garantir l’accès en cas de rupture.

C’est une évolution conceptuelle importante.

Pendant longtemps, les politiques d’innovation ont surtout financé la création.

La souveraineté impose de financer également la continuité.

Créer une technologie est une chose.

Être capable de la faire fonctionner pendant dix ou vingt ans en est une autre.

6. La commande publique pourrait devenir un puissant outil de politique industrielle

Un autre levier majeur apparaît dans la nouvelle stratégie : la commande publique.

Les administrations européennes achètent chaque année des volumes considérables de logiciels, d’infrastructures et de services numériques.

Ces achats peuvent renforcer les acteurs existants ou, au contraire, permettre l’émergence de nouvelles solutions.

Or les marchés informatiques ont historiquement favorisé des offres intégrées provenant de grands fournisseurs : logiciels, cloud, support et services vendus dans des ensembles difficiles à dissocier.

Cette logique renforce mécaniquement le vendor lock-in, c’est-à-dire la dépendance à un fournisseur.

La Commission souhaite donc favoriser davantage les standards ouverts, l’interopérabilité et la capacité des solutions open source à répondre aux appels d’offres publics.

L’administration peut alors devenir ce que l’on pourrait appeler un client d’ancrage.

Un premier marché public significatif peut permettre à une technologie européenne de financer son industrialisation, sa maintenance et sa diffusion.

Il faut néanmoins rester prudent sur la portée juridique de la réforme.

Les premières versions de la stratégie avaient fait émerger des principes particulièrement ambitieux tels que « Open Source First » ou « Public Money, Public Code ».

Le texte finalement présenté par la Commission est moins contraignant.

Comme l’a notamment relevé le Conseil national du logiciel libre en France, la priorité au logiciel libre reste davantage de l’ordre de l’encouragement que de l’obligation générale. De la même manière, le financement public d’un logiciel n’implique pas encore automatiquement la publication de son code.

La direction politique est claire.

Sa traduction juridique et opérationnelle reste encore à consolider.

7. Les dataspaces illustrent parfaitement cette nouvelle stratégie

Les espaces de données européens, ou dataspaces, permettent de comprendre comment cette vision peut se concrétiser.

L’objectif d’un dataspace n’est pas de construire une gigantesque base de données européenne centralisée.

Il consiste au contraire à permettre à plusieurs organisations d’échanger des données selon des règles communes tout en conservant un contrôle sur leurs informations.

Mais si chaque secteur construit indépendamment l’intégralité de son infrastructure technique, le risque est évident : fragmentation, incompatibilités et multiplication des investissements.

C’est précisément pour répondre à ce problème que la Commission développe SIMPL.

L’Union européenne a consacré environ 156 millions d’euros à ce middleware open source destiné à faciliter le fonctionnement des espaces de données et la fédération des infrastructures cloud.

L’idée est progressivement de réutiliser des composants communs plutôt que de financer le développement de fonctions similaires dans chaque projet.

Le raisonnement change alors profondément.

Plutôt que de financer :

100 projets qui développent 100 fois la même infrastructure,

on peut imaginer :

une infrastructure commune et 100 cas d’usage sectoriels différents.

Les dataspaces, les standards et les communs numériques deviennent ainsi complémentaires.

Le dataspace organise les échanges.

Les standards garantissent l’interopérabilité.

Les communs fournissent les briques mutualisées.

Les entreprises construisent les services et applications métiers.

8. Une opportunité industrielle pour les entreprises européennes

L’Europe ne manque pourtant pas de compétences open source.

La Commission estime que plus de trois millions de contributeurs open source sont présents en Europe.

Dans le même temps, l’Union dépense environ 264 milliards d’euros par an, principalement en produits et services informatiques propriétaires américains.

Ce contraste révèle probablement l’un des problèmes structurels du numérique européen.

L’Europe contribue fortement à la création de technologies ouvertes mais capte insuffisamment la valeur économique qui en résulte.

L’enjeu n’est donc pas seulement de produire davantage de code.

Il faut transformer :

un projet en produit,
un produit en entreprise,
une entreprise en marché,
et parfois un marché en infrastructure.

Cela suppose des financements, mais aussi du support, de l’intégration, de la sécurité, des certifications, du marketing, une gouvernance et une capacité commerciale.

La Commission estime qu’environ 2 milliards d’euros devront être mobilisés par les acteurs publics et privés au cours des sept prochaines années pour soutenir les différentes mesures de sa stratégie open source.

Elle fixe également un objectif particulièrement concret : atteindre au moins 30 millions d’utilisateurs actifs d’ici 2030 pour des outils open source européens de collaboration, de productivité, de messagerie instantanée et de courrier électronique sécurisé.

L’objectif n’est donc plus seulement de financer des expérimentations.

Il s’agit de faire émerger des technologies réellement utilisées à grande échelle.

9. Vers des communs numériques sectoriels européens

Cette stratégie pourrait avoir des conséquences particulièrement importantes pour les filières économiques.

Chaque secteur possède aujourd’hui des besoins numériques communs.

Dans la construction, l’industrie, l’énergie, la mobilité, l’agriculture ou la filière forêt-bois, les organisations doivent gérer des problématiques similaires :

  • identification des acteurs ;
  • référentiels ;
  • échange de données ;
  • traçabilité ;
  • calculs environnementaux ;
  • preuves ;
  • certifications ;
  • conformité ;
  • reporting.

Une partie de ces fonctions constitue un avantage concurrentiel.

Mais une autre partie ne l’est absolument pas.

Pourquoi cinquante entreprises devraient-elles développer cinquante fois la même infrastructure de traçabilité ou cinquante connecteurs différents vers les mêmes standards ?

Le modèle des communs numériques sectoriels propose une autre réponse.

Certaines infrastructures non différenciantes peuvent être développées collectivement et gouvernées comme des ressources partagées.

Les entreprises restent ensuite libres de proposer leurs propres interfaces, services, logiciels métiers ou prestations autour de ces briques.

L’architecture pourrait alors ressembler à ceci :

Cette approche permet de mutualiser le coût des fondations techniques tout en maintenant un marché concurrentiel au-dessus.

Elle constitue également une réponse intéressante au problème de souveraineté : la dépendance n’est plus concentrée chez un fournisseur unique, mais répartie entre plusieurs acteurs capables d’exploiter une infrastructure commune.

10. Ce que cette stratégie change pour les organisations françaises

La souveraineté numérique européenne peut sembler être un sujet réservé aux institutions ou aux grands acteurs technologiques.

Elle devrait pourtant progressivement avoir des conséquences très concrètes.

Pour les administrations

Les appels d’offres devraient davantage intégrer la réversibilité, l’interopérabilité, les standards ouverts et les risques de dépendance.

Le prix initial d’un logiciel ne peut plus constituer le seul indicateur pertinent.

Le coût du changement de fournisseur devient également une variable stratégique.

Pour les entreprises

La première étape consiste probablement à réaliser une cartographie des dépendances numériques critiques.

Quelles applications sont indispensables au fonctionnement de l’organisation ?

Quelles données contiennent-elles ?

Peuvent-elles être exportées ?

Existe-t-il des alternatives ?

Combien coûterait une migration ?

Une telle analyse transforme la souveraineté en démarche de gestion des risques plutôt qu’en débat idéologique.

Pour les fédérations et organisations professionnelles

L’enjeu est encore différent.

Elles peuvent identifier les infrastructures dont l’ensemble de leur filière a besoin et distinguer ce qui doit rester concurrentiel de ce qui pourrait être mutualisé.

Référentiels, calculateurs, systèmes de preuve, identifiants, infrastructures de traçabilité ou connecteurs de données peuvent parfois devenir des communs sectoriels.

Pour les entreprises numériques

L’open source n’implique pas la disparition des modèles économiques.

Au contraire.

La valeur se déplace vers l’intégration, l’hébergement, la maintenance, l’accompagnement, les applications métiers, la sécurité, la gouvernance et les services.

L’infrastructure peut être commune tandis que l’expérience et les services restent concurrentiels.

Conclusion : la souveraineté européenne pourrait se construire par les communs

La stratégie européenne présentée en 2026 marque finalement une évolution beaucoup plus profonde qu’une simple nouvelle politique en faveur du logiciel libre.

Elle traduit une nouvelle conception de la souveraineté numérique européenne.

Être souverain ne signifie pas nécessairement tout produire soi-même ni construire un équivalent européen fermé de chaque technologie américaine ou chinoise.

Cela signifie disposer d’assez de compétences, d’infrastructures et d’alternatives pour conserver une capacité réelle de décision.

Pouvoir comprendre une technologie.

Pouvoir choisir son fournisseur.

Pouvoir récupérer ses données.

Pouvoir déplacer ses services.

Pouvoir modifier le logiciel.

Pouvoir en assurer la maintenance.

Et, lorsque cela devient nécessaire, pouvoir remplacer une brique devenue trop dépendante.

L’open source joue naturellement un rôle majeur dans cette stratégie parce qu’il facilite cette réversibilité.

Mais la leçon européenne va plus loin : le code ouvert ne suffit pas.

Il faut également des communautés, des entreprises, des financements, des infrastructures et surtout une gouvernance capable d’assurer la continuité de ces ressources.

C’est précisément là que les communs numériques prennent toute leur importance.

L’Europe semble progressivement dessiner un modèle dans lequel des infrastructures numériques ouvertes et mutualisées fournissent les fondations sur lesquelles une multitude d’entreprises peuvent ensuite construire des services commerciaux.

Le modèle n’oppose donc pas le commun au marché.

Il pourrait au contraire permettre de construire un marché numérique européen plus ouvert :

des standards communs pour permettre l’interopérabilité, des communs pour mutualiser les infrastructures, des espaces de données pour organiser les échanges et des entreprises pour créer les services et les usages.

Après avoir longtemps cherché à réguler les grandes plateformes mondiales, l’Europe semble ainsi ouvrir un nouveau chapitre : celui de la construction de ses propres capacités technologiques.

Et dans ce nouveau modèle, l’open source et les communs numériques pourraient bien devenir des infrastructures aussi stratégiques que le cloud, les données ou les semi-conducteurs.

Sources

  • Commission européenne — Souveraineté technologique de l’Union européenne, Direction générale des réseaux de communication, du contenu et des technologies.
  • Commission européenne — EU Open Source Strategy, nouvelle stratégie européenne consacrée à l’open source.
  • Commission européenne — Communication on European Tech Sovereignty accompanied by the EU Open Source Strategy, 3 juin 2026.
  • Commission européenne — Cloud and AI Development Act, proposition européenne relative aux infrastructures cloud et IA.
  • Commission européenne — Think Open: Open Source Software Strategy 2020-2023.
  • Commission européenne / EUR-Lex — Communication COM(2026) 503 relative à la souveraineté technologique européenne et à la stratégie open source.
  • Commission européenne — documentation relative à SIMPL, middleware open source destiné aux espaces de données européens.
  • Commission européenne — documentation relative aux European Data Spaces.
  • Commission européenne — documentation relative au Digital Commons EDIC.
  • Commission européenne — documentation relative à l’European Digital Identity Wallet et au European Business Wallet.
  • CNLL — OSS Strategy 2026 : analyse de la stratégie open source européenne, mai 2026.
  • CNLL — Stratégie open source européenne : deux reculs significatifs, analyse des évolutions entre le projet de texte et la version présentée par la Commission en juin 2026.

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